Un engagement dans l’économie sociale et solidaire
Marine Serres est diplômée de l’EM Normandie (promo 2016). Passionnée depuis toujours par l’univers du bien manger, elle s’est construite un parcours riche et cohérent, entre marketing agroalimentaire, exploration de la pâtisserie, et engagement dans des projets à impact.
Aujourd’hui, elle place la transmission et l’utilité sociale au cœur de son projet professionnel, avec une ambition forte : donner du sens à son métier en accompagnant celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Un parcours guidé par une passion : l’agroalimentaire
Depuis le début, j’ai toujours eu une idée assez précise de la direction que je voulais prendre, notamment grâce à des conseils de personnes un peu plus âgées. En explorant les spécialisations proposées par l’EM Normandie, j’ai découvert un Master 2 en marketing, communication et ingénierie des produits alimentaires : c’était exactement ce qui correspondait à mon projet.
Avant d’intégrer l’école, j’avais déjà un pied dans le secteur grâce à un DUT Techniques de Commercialisation option agroalimentaire. Et puis, l’envie était là depuis longtemps : j’ai grandi dans un environnement où “bien manger” avait du sens. Mon grand-père était maraîcher, mes parents sont ingénieurs agronomes, et j’ai toujours aimé cuisiner, découvrir des produits, partager des repas. Pour moi, la food, c’est un univers de créativité, de rencontres et de transmission.
Une première immersion : découvrir la réalité du métier de chef de produit
Avant de commencer mon Master 2, j’ai fait une année de césure avec un stage de 6 mois comme assistante chef de produit chez Petit Navire. Cette première expérience a été très importante, car elle m’a permis de comprendre concrètement ce qu’était l’industrie agroalimentaire… et surtout de voir la différence entre la théorie et la réalité.
En cours, on apprend les 4P, les matrices SWOT, des méthodes très structurées. Mais sur le terrain, tout prend une autre dimension. Ce stage a été pour moi une première révélation : j’ai découvert le métier de chef de produit et j’ai confirmé que c’était ce que j’aimais.
Ce qui m’a plu, c’est le rôle de chef d’orchestre : développer un produit de la recette jusqu’à sa mise en marché, coordonner les achats, la R&D, le commerce… et avancer en équipe. J’ai aussi adoré la partie analyse : travailler sur les panels (Nielsen, Kantar), observer les performances, comprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, anticiper l’impact d’une promotion concurrente. À ce moment-là, tout s’est aligné : je voulais continuer dans cette voie.
Alter Eco : donner du sens à mon métier
Pour mon stage de fin d’études, j’ai intégré une structure très différente : Alter Eco, une marque de produits bio et équitables. Là, j’ai ajouté quelque chose de nouveau à mon parcours : le sens.
Alter Eco travaille avec de petites coopératives partout dans le monde. Derrière chaque produit, il y a une logique éthique, un engagement humain et social. Et pour moi, ça a été déterminant : cette expérience m’a fait comprendre que je ne voulais pas seulement développer des produits… je voulais aussi me sentir utile, et savoir à quoi mon travail contribuait.
Le CAP pâtisserie : une parenthèse passion… et une vraie révélation
À la fin de mon stage, j’ai pris une décision qui a surpris beaucoup de monde : j’ai choisi de passer un CAP pâtisserie. Ce n’était pas évident, parce que j’avais d’un côté ma famille qui me disait : “c’est le moment d’entrer sur le marché du travail”, et de l’autre, moi, cette envie profonde d’aller plus loin.
Dans mon métier, j’adorais particulièrement la partie R&D : fabriquer une recette, tester, comprendre l’impact du sucre, du sel, des ingrédients sur le produit final. Je me suis dit que ce CAP pouvait m’apporter une double casquette : marketing, mais aussi une approche plus concrète et technique. Et puis, il y avait une passion d’enfance : la pâtisserie.
J’ai fait ce CAP à Paris, en formation intensive sur 4 mois. Je me levais tous les jours à 6h et j’étais sincèrement heureuse d’y aller. J’adorais apprendre, produire, m’entraîner sur des CAP blancs de 7h. Cette expérience m’a appris quelque chose d’essentiel : j’aime apprendre, et je pense que c’est une clé majeure dans un monde qui change en permanence.
Francine : autonomie, projets, responsabilités
Après cette étape, j’ai rejoint les Grands Moulins de Paris pour travailler sur la marque Francine, en lien direct avec la farine et la boulangerie : une continuité logique avec mon CAP.
Je suis arrivée en CDD pour un remplacement, et je suis finalement restée en CDI pendant deux ans. J’ai découvert un univers passionnant, la meunerie, avec des visites de moulins, des projets transverses, et une vraie dynamique d’équipe.
Ce qui a rendu cette expérience particulièrement forte, c’est la taille de l’équipe : nous étions peu nombreux, mais sur une marque très connue, avec un budget stimulant. Résultat : beaucoup d’autonomie, une grande liberté dans les propositions, et une capacité réelle à tester des idées. C’était une étape fondatrice pour prendre confiance, construire mes compétences et faire mes armes.
Le déclic : besoin d’impact et envie de changement
En parallèle, j’étais bénévole dans une association d’apiculture urbaine, responsable du pôle école. Et même si j’étais heureuse de mon poste, quelque chose s’est imposé progressivement : je ne me voyais pas rester chef de produit toute ma vie.
J’avais besoin de voir un impact plus concret de mes actions sur la société, sur l’humain, sur l’environnement. Cette envie était déjà là… mais elle s’est clarifiée grâce à une formation appelée “Fais le bilan calmement” avec Switch Collective : 7 semaines, en collectif, avec des exercices, des échanges en binôme, et beaucoup de réflexion.
Cette expérience m’a aidée à structurer une intuition : je voulais évoluer, changer de direction, et aller vers l’économie sociale et solidaire.
Explorer pour mieux choisir : et si je devenais formatrice en pâtisserie ?
Ce que j’aime profondément, c’est la transmission : transmettre un savoir, un savoir-faire, faire grandir les autres. Alors j’ai eu une idée : et si je combinai la pâtisserie et la transmission ? Cela pourrait donner un métier : formatrice en pâtisserie.
Mais avant de m’engager, j’ai voulu tester. J’ai donc fait un stage de deux semaines en tant que pâtissière. Et là, j’ai compris quelque chose de très clair : ce n’était pas du tout fait pour moi.
Passer ses journées en laboratoire, avec la même équipe, souvent sur les mêmes productions… je me suis rendu compte que si je faisais ça pendant plusieurs années, je serais malheureuse. Et finalement, cette exploration m’a été très utile : elle m’a évité de m’engager dans une voie qui n’était pas la mienne.
Télémac : construire un projet à impact, de zéro
C’est en discutant avec une amie que j’ai découvert l’association Télémac, engagée pour l’égalité des chances dans l’éducation, à travers un double mentorat école-entreprise. Un poste s’est ouvert : création de poste, donc “tout à construire”.
Et ça, c’est quelque chose qui me stimule énormément. J’ai postulé, je suis arrivée sur un poste de cheffe de projet, et j’ai développé un programme quasiment à partir de rien. Au début j’étais seule, puis j’ai été rejointe par une stagiaire, une personne en mécénat de compétences et une bénévole.
Cette aventure a été intense, exigeante, énergivore… mais aussi extrêmement formatrice. J’y ai énormément donné, et j’y ai appris ce que ça voulait dire de porter un projet qui transforme concrètement des vies.
Un projet entrepreneurial construit autour de trois piliers
Après cette expérience, je suis partie à l’étranger, notamment au Mexique, et j’ai remis mon projet professionnel à plat. Depuis longtemps, j’ai plein d’idées entrepreneuriales, mais elles ne s’étaient jamais vraiment concrétisées. Et pourtant, en reculant, tout mon parcours devenait très cohérent.
J’ai compris que mon projet reposait sur trois piliers essentiels :
- La food, l’agroalimentaire, le bien manger, présent depuis toujours.
- La transmission, ce qui m’anime profondément.
- L’impact social, l’envie d’améliorer positivement la vie des autres.
En combinant ces trois éléments, une idée s’est imposée : créer une école de boulangerie-pâtisserie pour les femmes éloignées de l’emploi.
Ce public, je l’ai mieux compris notamment grâce à mon expérience chez Télémac, où j’ai participé à la mise en place d’une bourse pour soutenir des jeunes filles dans les filières scientifiques, encore très masculines. C’est là que j’ai été sensibilisée à l’importance d’accompagner les femmes et de créer des opportunités concrètes.
Aujourd’hui, je travaille sur ce projet. Mon objectif est de le développer en France, où j’ai mon réseau et mes repères, puis de le reproduire ensuite en Amérique latine ou ailleurs à l’international.
Le conseil que je donnerais : oser tester et ne pas avoir peur d’essayer
Si je devais donner un conseil, ce serait celui-ci : oser tester, oser se lancer, ne pas avoir peur d’essayer.
C’est en vivant des expériences, en rencontrant des gens, en se confrontant au réel qu’on apprend à se connaître, qu’on comprend mieux ses besoins… et qu’on se dirige naturellement vers une voie dans laquelle on peut vraiment s’épanouir.
Témoignages
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