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Doreen Pernel

Regional Vice President, Dataiku

Bonjour, je m'appelle Doreen Pernel. Dans ce podcast, je vous raconte mon parcours professionnel et ma passion pour le monde de la Tech. J'ai toujours voulu comprendre comment cette industrie fonctionne. Je suis notamment passée chez Facebook et je dois bien reconnaître que c'est une véritable machine de guerre. Je vous parle également de la place des femmes dans la tech.

Un parcours académique à l’EM Normandie

Pour être bilingue en anglais, il m’a fallu partir à l’étranger. C’est de cette façon que j’ai envisagé mon futur parcours international. C’est pourquoi je suis partie à Oxford pour apprendre l’anglais juste avant d’intégrer l’EM Normandie. Une fois dans le cursus, j’ai fait d’autres voyages à l’international.

Je suis tout d’abord partie à Southampton en Angleterre, ce n’était pas trop loin pour une première expatriation. Je suis ensuite partie pendant 5 mois dans l’Est de la Finlande. J’ai vécu un changement de culture. De plus, il y avait une plus grande distance à parcourir, du décalage horaire et aussi un climat différent. Je suis partie peu confiante sur mon niveau d’anglais et sur ma capacité à partir seule dans un autre pays. Grâce à cette expatriation, j’ai gagné en confiance et ai bien progressé.  

Je suis partie faire une année de Master à Sidney. J’ai tellement aimé la vie en Australie que je suis restée une année de plus pour y travailler. 

Faire ses armes dans la Tech

J’étais très intéressée par le domaine de la technologie. Avant de partir à Londres, j’ai fait des recherches sur des entreprises situées à Dublin. Il y avait déjà à l’époque un pôle énorme d’entreprises Tech. J’ai également fait des recherches sur Londres et un peu en Suisse.

Sur tous les entretiens que j’ai passés, la meilleure opportunité que j’ai trouvée était à Londres, chez Bloomberg, l'une des plus grosses sociétés de Tech mondiales. Il y avait une spécialisation dans la Fintech sur leur produit « le terminal de Bloomberg ». C’était très intéressant de développer mes compétences en vente dans le domaine de la Tech.

Je suis restée un an à Londres et une opportunité s’est ouverte à New York chez Bloomberg. Ils recherchaient un manager pour gérer les équipes américaines, canadiennes et brésiliennes. C’était un rêve pour moi d’aller vivre à New York. J’ai saisi cette opportunité et suis partie là-bas pendant un an.

Se faire débaucher par Facebook

Je suis revenue à Londres après ce contrat d’un an chez Bloomberg. J’ai constaté que leur technologie n’avait pas énormément changé depuis 1981. Ils utilisent toujours le même terminal et leur monopole est grandissant.

Je souhaitais davantage m’orienter vers les technologies SaaS dans le cloud. Je me suis rapprochée d’une entreprise qui s’appelle Box où j’ai travaillé pendant un an. C’est une entreprise concurrente de Dropbox mais spécialisée dans le BtoB. J’ai aimé découvrir la partie Cloud de la technologie.

J’ai ensuite été approchée sur LinkedIn par un des chefs de Facebook à Londres. Je me suis demandé si c’était un vrai profil !  J’ai accepté le premier appel téléphonique sans y croire vraiment. Puis, lorsque j’ai passé l’entretien dans les locaux de Facebook, c'était vraiment concret. Et lorsque j’ai décroché le poste, j’étais vraiment ravie ! Mes missions consistaient à manager les équipes en Europe, en Amérique du Sud et en Asie. 

Ce qui leur plaisait dans mon profil, c’est le fait que j’avais vécu dans différents pays, que j’étais en mesure de bien comprendre les employés et les clients. C’était vraiment un objectif pour moi de me positionner dans l’une des plus grandes entreprises de Tech pour comprendre comment ces « grosses machines » fonctionnent. C’est vraiment impressionnant !

Facebook est une grosse machine de guerre, du point de vue des ressources humaines, des process, des investissements… Il y a aussi une proximité assez forte entre les équipes. Certains jours, nous avions un live avec Mark Zuckerberg. C’est quelque chose de normal chez Facebook.

La place des femmes dans la Tech

Dans le secteur de la Tech et particulièrement en Sales, il y a un ratio hommes/femmes qui est très écarté. C’est entrain de changer et j’en suis très heureuse mais les femmes restent une minorité dans ce secteur.

Je pousse cette diversité dans les entretiens d’embauche. Je communique pour dire que ce genre de rôle est atteignable pour les femmes et qu’il n’y pas que Sheryl Sandberg qui peut travailler à la direction de Facebook. Je trouve qu’il est très important de parler de ce sujet, que le job en tant que femme n’est pas toujours simple mais que cela en vaut la peine.

Si j’ai été approchée par Facebook, c’est aussi parce que j’ai un réseau qui m’aidait et que nous avions des connexions en commun. Être capable de prendre la parole a été quelque chose de déterminant pour moi dans ma carrière, notamment lorsque je suis passée de Bloomberg à Box. 

Savoir mettre en avant ses compétences et se valoriser est primordial. Pour cela, je me suis beaucoup appuyée sur des livres, notamment sur How Women Rise. Il donne des conseils aux femmes qui sont carriéristes, notamment pour appliquer des petits changements qui font la différence.

Les femmes souffriront toujours de préjugés, comme beaucoup de personnes qui sont en minorité. Mais il me semble qu’aujourd’hui le tabou est levé.

Combattre les clichés

Travailler dans la Tech fait peur car on se dit que c’est geek, qu’il faut avoir des connaissances techniques. Tout d’abord, il faut savoir que les entreprises vous forment. Il faut avant tout avoir envie d’apprendre et garder en tête ses objectifs, et s’en fixer régulièrement pour avoir un rythme.

La Tech est un milieu de plus en plus accessible à tous. On constate cette croissance en France avec la « French Tech ». Il devient de plus en plus facile d’entrer dans ce milieu selon moi.

Être à la hauteur de ses ambitions

Je travaille chez Data Iku. C’est une entreprise qui met à disposition de manière simplifiée de la Data sur une plateforme – cleaning, organisation et visualisation – à destination de toutes les équipes d’une entreprise, les Data Scientists, qui vont gérer un flux de data, les Sales Managers, les Marketers… L’objectif est de créer des Flows pour automatiser le plus possible les process. C’est ici qu’intervient l’Intelligence Artificielle (AI) et le Machine Learning.

On va travailler sur des cas d’usages pour tous types d’industries (financières, publiques…) afin d'aider nos clients à maîtriser la Data. Je suis sur un rôle de Sales, mon poste s’intitule « Vice President Sales ». Je gère des équipes de vente et de prospection. Cela reprend des matières qu’on étudie à l’EM Normandie, comme l’entrepreneuriat, la gestion des ressources humaines. En tant que Sales, on doit aussi être capable d'apprendre par soi-même et à s’informer sur les produits qu’on vend.

De plus en plus de cursus se mettent en place autour des thématiques de l’innovation, de la data science… comme à l’EM Normandie. Pour vraiment développer ses connaissances, il faut vraiment être curieux et se renseigner par soi-même pour être capable de pitcher son produit. En entretien, on doit montrer comment on a compris le produit et comment on le vendrait à un client.

Savoir prendre son temps

Dans sa carrière, il ne faut pas trop se mettre la pression sur l’intitulé de poste et le salaire qu'on veut atteindre dans l'immédiat. J’entends de plus en plus de personnes dire qu’elles ne sont pas encore manager et qu’elles devraient déjà gagner tel salaire à leur âge. Et je leur réponds qu’il n’y a rien d’écrit et qu’il faut se détendre car il n’y a pas d’âge précis pour évoluer professionnellement.

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