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Elodie Prunier-Taveirne
Élodie Prunier-Taveirne

Adjointe du DGA RH chez Haropa Port

Mon premier souvenir de l'École était au Havre, un jour de pluie en septembre. J'étais venue pour faire les admissibles et je ne connaissais pas du tout la ville. 

Dans un premier temps, la ville me semblait assez triste et froide. Il me semblait compliqué d'y vivre pendant 3 ans. Finalement cette première impression a vite disparu. 

Dès le début, j'ai créé des liens avec de nombreuses personnes. Il y avait beaucoup de Havrais dans ma promo. Je me suis rendu compte que la ville était beaucoup plus dynamique que ce que je pensais.

Les premiers moments à l'École était au contraire très chaleureux.

Je me suis très vite fait une bande de copains qui sont restés les mêmes durant mes trois années d'études, et encore aujourd'hui 20 ans après.

D'un stage au contrat de travail

J'ai fait un stage au Port Autonome du Havre car je m'intéressais aux ressources humaines. C'était les débuts de la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) pour les ports autonomes.

Ils recherchaient quelqu'un pour travailler sur la définition de fonctions et le référentiel de compétences. J'ai travaillé sur cette mission durant tout mon stage.

Cette expérience s'est bien passée et je me suis beaucoup plu dans cet établissement. On m'a proposé de m'embaucher à l'issue de mon stage.

Je suis revenue à l'École pour terminer mes quelques mois de cours avant la diplomation. Directement après mes études, j'ai été embauchée par le Port du Havre.

Les premiers pas au sein du Port du Havre

Au tout début, il fallait que je m'intéresse aux métiers portuaires qui sont très nombreux. Il existe toutes sortes de professions avec des missions assez variées, à la fois dans le développement, dans les travaux, dans les infrastructures, dans l'accueil des navires, dans la gestion immobilière...

Mon premier job a été de mettre en mots ces différents métiers et d'établir des référentiels de compétences pour avoir une visibilité de ce qui existait.

Cela permettait aussi de visualiser ce qui manquait en termes de compétences. J'ai aussi travaillé sur des passerelles entre les métiers des uns et des autres.

Le port du Havre est un gros employeur dans le bassin Havrais. Une fois que les personnes ont intégré cette organisation, il est assez rare qu'elles en partent. J'en suis la preuve vivante car j'y travaille toujours.

Il est important pour une entreprise de cette taille de permettre à ses collaborateurs de se forger un parcours.

Même si l'on travaille dans de bonnes conditions, il est important de maintenir un certain intérêt pour son poste. Lorsqu'une personne s'ennuie, c'est à la fois embêtant pour le salarié et pour l'entreprise car la productivité baisse. 

J'ai vraiment apprécié ce premier métier car j'ai été amenée à voyager dans tous les endroits du port. J'ai rencontré pratiquement tous les salariés qui aiment généralement raconter ce qu'ils font. Cela a été une très chouette première expérience.

Reprendre ses études

Cela faisait très longtemps que je m'intéressais à la psychologie, d'autant plus en travaillant dans les ressources humaines. Assez rapidement, je me suis intéressée au recrutement des portiqueurs, les salariés qui assurent la rupture de charge entre le navire et la terre.

Il n'existe pas de formation initiale pour exercer ce métier. On doit donc recruter des salariés présentant certaines aptitudes à devenir portiqueur qu'on évalue grâce à des tests psychométriques. Ce sont des tests issus des études psychologiques. C'est pourquoi je me suis décidée à me spécialiser en psychologie du travail.

J'ai repris trois années d'études par correspondance avec l'Université Paris 8, qui est une fac assez réputée en psychologie, et notamment en psychologie cognitive.

J'ai effectué ma maîtrise en 2 ans en présentiel. Puis j'ai fait mon Master 2 à Rouen dans le secteur de la psychologie du travail.

C'était le moment idéal pour reprendre des études parce que j'étais jeune. Cela aurait été plus compliqué de le faire plus tard avec une famille et des enfants.

Faire preuve de volonté

J'ai consacré tous mes congés et mes week-ends à cette formation. Je n'avais pas la tête à me plonger dans mes cours le soir après le travail. Durant cette période, je suis passée à côté de certaines choses dans ma vie mais je n'ai aucun regret. Je suis contente d'avoir pu le faire.

À l'issue de mon Master 2, j'ai pris la responsabilité intégrale du recrutement et de la gestion de carrières.

La double compétence avec mon parcours à l'EM Normandie et mon cursus en psychologie a construit mon parcours dans le développement RH. 

Quelques années plus tard, j'ai aussi pris en charge la formation professionnelle, un domaine que je ne connaissais pas. Et puis finalement, j'ai pris l'intégralité des revues d'organisation cible, c'est-à-dire sur l'organisation de l'entreprise. J'interviens en conseil auprès de la direction pour construire les organisations les plus à-même de répondre aux objectifs fixés.

L'évolution au sein du Port

Je suis restée dans la même entreprise depuis ma sortie d'École, mais j'ai finalement eu trois vies dans l'entreprise. Tout d'abord, j'ai intégré un Port autonome sous un statut ancien de 1925. Ensuite, depuis 2008, c'est devenu un grand port maritime. On est passé d'un service public à une organisation davantage entrepreneuriale.

En 2012, un premier groupement d'intérêt économique est constitué avec les ports de Paris, Rouen et du Havre. Cette approche était très novatrice pour l'époque car il s'agissait du premier GIO dans le domaine portuaire.

Assez rapidement, a émergé l'idée de fusionner les ports avec un commandement unique en juin 2021. Nous sommes devenus le plus grand port fluvio-maritime grâce à cette union des trois ports. 

Faire le choix d'évoluer avec son employeur

À titre personnel, j'ai aussi bénéficié de cette fusion car auparavant, j'étais à la direction territoriale du Havre au service RH. Je suis aujourd'hui devenue l'adjointe du DGA en charge des ressources humaines au niveau du siège.

J'ai un rôle d'harmonisation des politiques RH entre les trois directions territoriales car les trois entités ont des cultures assez différentes. Je suis également en charge de la communication interne.

Accompagner une fusion nécessite une politique d'accompagnement du changement forte ainsi qu'une politique managériale et une communication interne.

Saisir les opportunités dans les changements

J'ai le sentiment d'être restée très jeune dans ma tête, dans la mesure où je suis au contact des salariés et des personnes que je recrute. Je suis amenée à côtoyer des personnes différentes tous les jours. Cela permet de ne pas s'endormir sur ses lauriers. 

Ce contact permanent permet d'aborder les changements permanents de façon positive. J'ai toujours vu les évolutions du Port comme des périodes foisonnantes et créatives. Et c'est pour cette raison que j'occupe aujourd'hui ce poste, avec beaucoup de bonheur. 

J'ai toujours été dans la position d'accompagner les changements plutôt que d'être à la traîne et de les subir.

J'ai la chance d'être, depuis 5 ans, la vice-présidente des Alumni. C'est une super opportunité pour voir les nouvelles promotions qui arrivent chaque année et pour assister à la remise des diplômes. Cela permet également de participer à l'ensemble des événements organisés par le réseau. 

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