Delphine Cudelou

Delphine Cudelou

Programme Grande École
Directrice générale, Chambre des notaires, Cour d'appel de Caen

Dans ce podcast, je reviens sur mon parcours à l'EM Normandie. Ces années m'ont permis de me constituer un réseau puissant et de me faire une place. En quelques années et grâce aux bonnes rencontres, je suis arrivée dans le notariat. D'un poste à la communication, j'ai ensuite pris la direction générale de la Chambre des notaires de la Cour d'appel de Caen.

Quel est ton parcours académique ?

J’ai commencé par une maîtrise en droit à l’université pour devenir avocate ou journaliste. Je trouve qu'à la fac de droit, on est très déconnecté du monde professionnel et qu'on évolue sans vraiment avoir de projet professionnel.

L’université est assez rude dans le rapport que l’on a avec les professeurs. Les cours ont lieu dans des grands amphithéâtres. La relation n’est pas très conviviale. On se sent un peu comme un numéro.

Au bout de la quatrième année, il faut passer un concours pour devenir avocate. L’aléas du concours me faisait vraiment peur. Il fallait travailler seul pour le préparer. J’avais envie d’autre chose à ce moment-là.

J’ai rencontré par hasard un voisin de palier qui avait une vingtaine d’années de plus que moi. Il était intervenant à l’EM Normandie pour le Master en Management et Développement Territorial. Il m’a dit que ce type de cursus pouvait être un bon débouché pour moi et semblait correspondre à mon profil. Il m’a également expliqué le fonctionnement de l’École et de ce programme. 

J’ai décidé de rejoindre l’EM Normandie. Quand la porte s’est ouverte sur cette École, je me suis vraiment sentie bien. Les étudiants me semblaient beaucoup plus ouverts et épanouis qu’à la fac de droit, avec des profils plus variés en termes de culture. J’ai trouvé le personnel vraiment bienveillant et les intervenants « cool ». Je sentais qu’on avait une vraie valeur et qu’on nous prenait pour des pépites en devenir, ce qui n’était pas forcément le cas à la fac où je ne me sentais pas exister en tant qu’individu.

Créer son réseau au sein de l’École

Quand on est étudiant, on apprend de nouvelles choses mais on ne les connecte pas forcément avec le milieu professionnel. On ne connaît pas non plus les attentes des professionnels. D’autre part, je n’avais pas de réseau à ce moment-là. L’École m'a permis de me constituer un réseau. En rejoignant celui de l'École, il faut être capable d’en tirer parti et tisser des relations durables. Cela a été pour moi une succession de rencontres qui m’ont permis d’évoluer. 

En École, tu es en contact avec des professionnels qui viennent t’expliquer leur quotidien, ce qu’ils font en entreprise, ce qu’ils attendent de la part des étudiants. Ils viennent également présenter leurs missions et recruter des étudiants dans le cadre de missions et de stage. Dans ce cadre, j’ai effectué mon stage à la DDE au profit de la mairie de Rots. Je devais réaliser une étude au sujet du Château de Rots pour savoir si la commune avait un intérêt ou non à l’acquérir et dans quel but elle devait le faire.

Les premiers pas dans le tourisme

À l’époque, c’était Jean-Léonce Dupont, actuel président du conseil départemental du Calvados, qui était directeur de l’EM Normandie. Il était également maire de Bayeux et avait des missions à proposer dans le cadre de cette fonction. Sa chef de cabinet était une ancienne de l’EM Normandie. 

Il m'a proposé de rejoindre son cabinet pour m'occuper d'un projet de développement économique de la zone d'activité de Bayeux.

J'avais une appétence pour la communication et le tourisme. Très vite, je me suis dirigée vers ce secteur au sein du cabinet, notamment au travers de la Tapisserie de Bayeux, ce qui permettait de relier Bayeux, Falaise et Caen sur un projet touristique commun qui s'appelait le projet Guillaume. J'ai modestement pris la charge de ce projet en ma qualité de stagiaire. 

Provoquer les opportunités

J'étais chargée de représenter la ville de Bayeux dans ces réunions. J'ai à cette occasion croisé Jacques Belin qui était à l'époque directeur du mémorial de Caen et président de l'office de tourisme de la ville. Nous avions une relation en commun et j'ai profité de cette occasion pour aller lui parler. Nous étions souvent assis l'un à côté de l'autre durant ces réunions. Nous avons sympathisé et il m'a proposé en fin de stage de lui adresser mon CV afin de me proposer un job. 

Le stress du premier job

C'est toujours un stress de démarrer son premier job. Lorsque l'on suit un cursus pour devenir médecin ou dentiste, on sait immédiatement ce qu'on va faire à la sortie. En revanche, en école de commerce, les choix de parcours sont beaucoup plus variés.

Je m'étais orientée dans une voie mais ne savais pas si elle allait m'offrir des débouchés et si j'allais pouvoir apporter ma contribution sur le marché du travail. Dans un premier temps, j'ai travaillé au service des relations publiques pour le Mémorial de Caen ainsi qu'au mécénat. Ensuite, j'ai travaillé aux événements culturels.

Le Mémorial est une assez grande organisation dans le milieu touristique. Une centaine de personnes y travaillent sur des métiers très divers. C'est un établissement très structuré et l'organisation y est rigoureuse. Les services fonctionnent beaucoup en silo alors que moi je préférais travailler en mode projet sur des problématiques de logistique, de communication, de relations publiques... 

Jacques Belin étant également président de l'Office de tourisme de Caen, il m'a proposé d'aller travailler un jour par semaine à l'office de tourisme pour poursuivre les travaux sur le projet Guillaume le Conquérant et le développer.

L'arrivée dans le notariat

Ayant fait une fac de droit, j'étais encore connectée avec le milieu juridique. J'ai trouvé une annonce de la Chambre des Notaires qui recherchait un profil pour travailler sur la communication et qui associait de bonnes connaissances juridiques et en communication.

Je me suis tout de suite dit que cette annonce était faite pour moi, que si j'échouais c'était vraiment que j'avais raté mon entretien !

Être en perpétuel mouvement

Quand tu arrives dans un poste à l'âge de 30 ans, tu ne te projettes pas vraiment à deux, trois ou dix ans. Tu fais ton travail et tu restes attentive aux opportunités.

Je suis rentrée comme chargée de communication et quelques mois après, on m'a proposé le secrétariat général du Conseil Régional des Notaires.

Je suis depuis 20 ans à ce poste mais il n'y a pas de lassitude car on change de présidence tous les deux ans. Une nouvelle équipe arrive à chaque fois avec de nouvelles envies. Chaque président à sa propre personnalité et des idées qui lui sont propres. Pour moi, c'est à chaque fois un nouveau challenge de l'accompagner et de lui proposer des projets.

J'ai toujours eu la chance qu'on me fasse confiance dans ce poste. Je suis d'un naturel à m'ennuyer assez vite. J'ai besoin que les choses bougent en permanence. Certaines personnes sont rassurées de faire toujours la même chose. Moi, personnellement, cela m'angoisse. J'ai besoin d'avoir des projets sur le feu qui se succèdent. C'est dans ma personnalité. S'il n'y avait pas ce renouvellement permanent, je partirais.